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Selon une étude*, le runner à selfie est un runner malade!

Poster un petit selfie après une bonne séance [ou runfie] sur les réseaux sociaux semble anodin de prime abord. Et pourtant, une étude sérieuse conclut de manière péremptoire que cette routine innocente et inspirante est le symptôme d'une déficience cognitive et d'une névrose sui generis.

Breaking News, Géraldine (du 75008) vient de boucler la distance de 8,3km en 1h12 !

Mauvaise nouvelle pour la communauté running des réseaux sociaux, ce moyen de communication privilégié - le selfie agrémenté de captures garmins/strava, de # et de phrases creuses - ne serait in fine qu'un symptôme grossier de maladies mentales en comorbidité. Vite une troisième dose ...


Il suffit de scroller un brin sur les groupes @facebook dédiés au running (on imagine que cela vaut aussi pour d'autres sports) et le constat est d'évidence. Le selfie est le support de l'égo encombrant la quête de sens des âmes en général et des runners en particulier malades. Le Néant (au pire) et le Commun (souvent) en passant par le médiocre (l'essentiel) y sont personal brandés sans pudeur chaque jour, heure et minute que l'Internet dévoyé fait. Malaisant bien souvent, "déjà vu" systématiquement.




Pour se démarquer et obtenir son shoot de likes, le runner à selfie innove. Mais pas de Concourt Lépine ici et encore moins d'école d'ingénierie, non! L'innovation se résume à quelques grandes lignes: montrer son cul (ou celui de sa copine à des fins sociologiques?), étaler ses gosses, afficher sa double facture péronéotibiale, ses échographies, ses photos de mariage, son chien et ses poules ... Liste naturellement pas du tout exhaustive. Plus rien ne vous arrête ... Quartier libre et chèque en blanc quoiqu'en bois.



Une sortie sans selfie ne compterait désormais plus. Telle la cerise sur le gâteau, le selfie vient coiffer votre exploit ordinaire. La société pacifiée est une vis sans fin en quête de sens d'avance insatisfaite. Cruelle. A terme, la névrose guette opportunément.



Curiosité sociologique alimentée par la sommes des déficiences psycho-cognitives (sujet complexe) individuelles, un "nouveau contrat social" régit l'inter-action entre ces nouveaux "malades" bien réels et pas du tout imaginaires. L'auto-satisfaction via la validation de son semblable ...


Le réseau social est la flaque souillée de l'Autre dans laquelle se contemple les nouveaux Narcisses du monde moderne décati.


Nulle remise en question des impudeurs, indigences et autres gamineries ne peut ressortir de ce magma dont la seule issue est la "course" en avant, le pied à fond sur l'accélérateur ... en attendant le Mur de la névrose officialisé par la prise de @prozac et autres ersatz de solutions à ta dérive. Ce mur est bien plus féroce que celui du trentième acheté à chrome par le selfi-runner dès le 17ème.


Pour conclure et résumer le propos et l’exégèse, le runner à selfie s’engouffre dans l'étalage de lui-même car il n'existe pas, faute de sens à son existence, dans le monde réel. En s'exposant lui et ses performances ordinaires d'agrément dans le magma numérique, il espère et de plus en plus exige, étoffer son estime de lui-même.Hélas noyé au milieu de ses semblables, il doit augmenter la dose via l'impudeur et le vulgaire, sans succès. La névrose IRL accueille alors la névrose 2.0, symbiose du chaos et de la confusion émotionnelle, psychologique et cognitive. Ses ultimes garde-fous, la certitude frelatée d'être inspirant et/ou d'appartenir à une communauté bienveillante. Bref, d'être du bon côté du manche.


Consommateur de lui-même en même temps que consommateur tout court, le runner à selfie se meurt avant de disparaitre des écrans, rattrapé par la réalité. Parfois il revient, faussement guéri et replonge.


Il devrait nous remercier de lui proposer un miroir non déformant de lui-même.




Le Joggeur Qui Râle



 

Documentation non exhaustive :

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