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SANTÉ MENTALE # STRAVA rendrait-il totalement CON ?

C'est l'heure de la rentrée sur @Strava et les runners multiplient kilomètres et séances. En scrollant un brin, on constate hélas que les runners ressortent de leur coupure plus fatigués que jamais. La fracture cognitive est-elle le corollaire de l'utilisation anarchique de Strava?




Nous ne partagerons pas ici de profils pour illustrer notre propos. D'ailleurs, vous connaissez sans nul doute quelques athlètes qui se perdent et gesticulent de plus en plus stérilement sur ce réseau social. Vous-même peut-être ... Nul n'est parfait. Nous avons de trop nombreuses poses de plinthes sur le dos et il est à craindre que le Parquet ne supporte guère longtemps cette charge. Soit ...


Le runner fatigué et encore en congés annuels déclenchent donc désormais sa montre en promenade dominicale en forêt, à la plage, à la montagne, voir même lors de mini-golf de récup'. Le runner 2.0 est un fléau. Le touriste est un fléau. Imaginez donc le runner touriste (2.0) ... Un (mauvais et aliénant) réflexe construit toute la saison la main sur la @Garmin ...





Par ailleurs,


Le runner en reprise active, et sans nul doute en préparation de quelque chose à terme ( de la course nature anonyme au Semi-Marathon dans le Nord), claudique lui aussi sur le terrain cognitif.


Prenons l'exemple de Romain, très honnête athlète polyvalent du 3000 au Marathon. Après une fin de saison (une saison de bonne facture agrémentée de nombreux PB) pénible et une blessure, Romain a coupé 2 longs mois. C'est long et les fourmis dans les jambes tu connais.


Une semaine de reprise à 25-30km à allure 5'20'' annonçait une entame intelligente et prudente de l'exercice 2022/2023. La semaine 2, 50 bornes à 4'25'' de moyenne suggère un relâchement de la prudence, la faute à l'enthousiasme ... Semaine 3 ... 105km avec des séances de 20x300/30'' allures 3000m, une sortie longue de 20 bornes allure marathon et autres joyeusetés de haute saison!


Petite précision, notre immature en short orne ses partages de selfies indigents, de photos de ses pieds, de slogans positivistes creux mais aussi, et c'est le plus surprenant, nous prend à témoin face aux douleurs qui l'assaillent de plus en plus derrière la cuisse, sous le pied, en attendant - nous n'en doutons pas une seconde au kilomètre - les genoux.


Le runner sous perfusion de kudos et de likes croit pouvoir s'émanciper des lois élémentaires de l'entraînement, ici celle de la progressivité. Petite astuce encore,parfois, il surjoue la blessure pour tirer vers lui une sorte de compassion bien lourde et démultiplier ses mérites à l'heure du chrono (PB malgré la blessure ou contre-performance justifiée).



De 0 à 100 en trois semaines et une carrosserie qui flanche: classique.




Bref, le runner en rupture numérique dépense énormément d’énergie en efforts parasites à des fins inconnues et in fine devient un danger pour lui-même, son intégrité physique et psychique.


L'athlète qui n'appartient pas à l'élite, serait-il d'un niveau très honorable, compense la frustration de ne pas en être en gesticulant nécessairement de plus en plus grossièrement et vulgairement (à mesure que la concurrence fait pareil et que l'indigent se normalise) sur les réseaux sociaux en général et désormais sur @Strava en particulier (qui n'est donc plus épargné par les selfies, les partages totalement inappropriés).


Les réseaux sociaux dévoilent parfois de très curieux aspects de la personnalité qui ne ressortent pas dans la vraie vie. On s'en passerait d'ailleurs volontiers.


Si le ridicule tuait, Strava verrait son expansion se contracter.


Je vous laisse, je dois recharger ma @Garmin pour aller cherche le pain en alternant marche et run car ma malléole me lance ...



Le Joggeur Qui Râle






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