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RUNNING # Pourquoi le niveau est-il [désormais] si mauvais ? 🤔

Dernière mise à jour : 18 août

Depuis sa démocratisation et inexorable vulgarisation, le running semble avoir développé une maladie chronique a priori incurable au milieu des nombreuses MST* et IST* dont il souffre par ailleurs. L’effondrement du niveau et de la densité inquiète (les puristes) autant qu'il rassure (les nouveaux acteurs 2.0). Réflexion ...


* Maladies et Infections Sportivement Transmissibles




Jean-Run et son crew montent deja au créneau contre cette chronique. Chacun son niveau et courir lentement c'est mieux que rester dans son canapé. Le discours habituel de la team premier degré incapable de se dégager de la soupe froide ambiante (et donc d'eux-mêmes). L'objet de cette chronique, c'est (tenter de) comprendre pourquoi le niveau global s'est effondré au XXIème siècle en tentant d'esquisser un panorama global des causes classiques mais aussi des phénomènes plus actuels en relation avec ce constat objectif. Le propos n'est donc pas de cracher sur l'essentiel des pelotons et sur le runner du dimanche qui fait son jogging sans rien revendiquer sur les réseaux sociaux.


Ce qui va de soi allant mieux en le disant ...





Un rapport à l'effort en mutation ...


La société contemporaine est confortable. On ne dira pas qu'elle est douce et facile tant la tertiarisation baigne l'Humain dans un chaudron infecte et névrotique. Le sport a d'ailleurs pour vertu de nous soustraire pour quelques instants à ses errements.


Ce confort est l'ennemi de l'effort. De quel.s confort.s parle-t-on ici? Le confort matériel? Le confort psychologique? Physique? Les trois sommes-nous tentés de répondre.


Le confort matériel nous aliène autant qu'il nous libère. Rapporté à la nécessaire souffrance que l'athlète doit vivre face à lui-même (d'abord et face à la concurrence ensuite), ce confort peut faire passer l'Avoir avant l’Être. Mais tout ne s'achète pas même en déboursant 300 balles dans des chaussures ... En se reposant (trop facilement) sur le matériel, on se fatigue (trop facilement) face à l'effort.


Le confort mental du travail tertiaire nous prive de la conscience du dépassement et de la sueur, du labeur. Même si les slogans creux du style #Nopainnogain dégueulent de partout sur les réseaux sociaux, il n'en est rien. Le runner moderne ignore tout du gout du sang dans la bouche et le lactique dans les cannes ne concerne que quelques pratiquants avec en sus un arrière-gout de "n'y reviens pas"! C'est ce confort tertiaire qui pousse d'ailleurs l'humain à soulever des poids et à courir sous la pluie, ressentant par instinct que le cul devant un ordinateur et trois écrans 8h par jour, ce n'est pas sain pour le salut de la Condition.


Le confort physique est intimement lié au confort mental. Encore que ce confort puisse être l'allié de la performance (professionnels de la santé, matériel de récupération rendu grand public, nutrition, méthodes d'entrainement ...). Néanmoins, habitué à ce confort cosy, le néo-runner découvre un environnement austère a priori dont il saura, ou pas, se jouer. Il devra pour ce faire disposer de qualités (mentales et physiologiques innées) et de moteurs extrinsèques utiles ... Parmi ces facteurs, les sources d'inspiration que les technologies de l'information autorisent. Concernant celles-ci, il convient de savoir séparer le bon grain de l'ivraie.





Les nouvelles icônes et les néo-convertis du running


On ne saurait bien évidemment en vouloir à quelques opportunistes - sans doute également sincères dans la démarche, après tout vouloir vivre de sa passion est louable et légitime à certains égards - d'incarner les nouvelles sources d'inspiration d'une société fatiguée et sédentaire. La limite de ces nouvelles figures réside cependant dans le prisme par essence mercantile de la démarche. Pour en vivre ou aspirer à en vivre, il faut toucher le plus grand monde - main stream - et pour ce faire, il faut jouer du dénominateur (très) commun des choses. Le pathos et la facilité. A terme, capter la motivation de la Plèbe pour la ramollir et la monétiser à soi. L'enfer et ses pavés pleins de bonnes intentions.



Marine et Anne incarnent (malgré elle) l'une des sources de l’effondrement du niveau par l'inspiration mercantilisée. Ou quand il ne suffit plus d'être sincères pour avoir raison.

Le constat est cruel pour ce nouveau paradigme du running pour tous. Les blessures se multiplient et avec elles les jérémiades impudiques sur les réseaux sociaux, la névrose numérisée et spectacularisée est endémique et contagieuse ET le niveau général s'écroule en raison d'un focus de l'effort déplacé vers au mieux la quantité anarchique (les bornes pour flamber sur @strava à l'heure du bilan mensuel), au pire vers l'étalage de niaiseries indigentes sur les réseaux sociaux et ses fameux groupes dédiés (au trail, au running, mais aussi au vélo, musculation ...).


Ces nouvelles idoles ayant prélevé la dîmes sur leurs serfs dévoués (les #Followers) n'assurent pas le SAV à l'heure du bilan. Validées cependant par l'ingénierie capitaliste quand celle-ci se penche sur le département "bouge ton corps" de la world company.


Une question demeure: doit-on se satisfaire d'avoir arracher quelques culs du canapé en gesticulant sur Instagram? N'oubliez pas le code promo mesdames et messieurs pour mieux répondre à la question. Vous avez le temps d'un marathon en 6H12.





Un contexte hostile à l'individu et au collectif


La technologie aliène ou libère. A chacun de savoir poser le curseur au bon endroit. Et non, le selfie/capture garmin systématique posté sur les réseaux sociaux n'est pas une marque d'épanouissement sportif et social. Il épuise son auteur et cette fatigue est un frein à l'élévation, à sa petite échelle du niveau individuel et par tant, collectif. L'élévation du Niveau est le produit de l'émancipation aux aliénations du Confort. C'est cet exercice qui rend la course à pied si séduisante. Le plaisir différé et construit dans le temps (l'effort qui aboutit à terme au progrès) ou la boulimie de la gesticulation numérique et sa névrose finale?


L'agrégat individualités hier aboutissait à un Tout supérieur à la somme des éléments le composant, et n'est aujourd'hui trop souvent plus qu'un creusets d'Egos.


Le bon coureur à pied est souvent étranger au tertiaire et dégagé de l'emprise des réseaux sociaux. Attention cieuxnt de ne pas succomber aux tentations de la reconnaissance sociale numérique en gesticulant sur Strava, ce trou noir finalement récent et non encore stabilisé qui séduit toujours plus les rescapés du 2.0 ...




Le Joggeur Qui Râle






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