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Société .: Le RUNNING n'est qu'un vulgaire divertissement.

Dernière mise à jour : 30 mars

Véritable philosophie de vie pour certains, chemin de croix perpétuel pour d'autres ou même activité professionnelle pour une poignée d'entre nous, le running prend de la place dans nos vies. Trop ?


Le running, c'est l'activité physique - courir - mais c'est aussi, et parfois surtout toute la gesticulation qui va autour. Les réseaux sociaux drainent une foule de runners claudicants sur ce qu'on appelle désormais des communautés de running 2.0 plus ou moins inspirantes dans un flux continu et anarchique de publications moribondes. Notre matière première essentielle ici à la rédaction de Le Joggeur Qui Râle, et merci bien.


La société post-moderne confère à ses hôtes du temps libre. Beaucoup de temps libre même? La calorie se cueille désormais sans effort au coin de la rue et il convient alors de combler ces disponibilités comme on peut et avec les moyens dont on dispose.


Jardiner, lire des livres, développer sa dextérité au piano ou gratter une guitare, aider son prochain ... Prendre le temps de consommer son temps semble cependant être le privilège des âmes apaisées. Quand l'égo et le vide existentiel régissent l'individu et que la modernité aliène les sens, il n'est guère plus de place pour l’apprentissage long et le progrès humble ...


... dès lors, et ici concernant le running (mais la critique est universelle), c'est la facilité qui prend les rênes. Une facilité enrobée de bons sentiments, de bienveillance, d'empathie même pour les plus tordus et d'inspiration. Pour combler le vide et satisfaire un égo qui ne trouve rien d'autre sur quoi danser, le malade de la modernité devient RUNNER.



Un RUNNER dit 2.0 quand il partagera sans pudeur ni dignité grimaces en gros plans, phrases et pathos creux et captures de ses data @Garmin et @Strava chaque mois, chaque semaine, chaque jour ... Ambassadeur des valeurs du sport auto-revendiqué (par lui même donc ou par ses semblables, ce qui revient au même tant la standardisation du médiocre confine à l'Unicité).


Le RUNNING devient alors pur divertissement sans dimension sportive ou même plus modestement préventive (pour la santé physique et ... mentale) malgré le baratin de ces nouveaux bouffons du Roi running.


Le runner aspire à se glorifier d'une gloriole assise sur le seul mérite de sa médiocrité mise en scène.

Course à la blessure avec sa médaille de #Finisher véritable diplôme de courage et de mérite (No pain No Gain en # sous le selfie-radio) mais surtout, et c'est le plus inquiétant, course droit dans le mur de la névrose (l'histrionisme cohabite avec les comorbidités) avec une densité olympique de concurrents. L'émulation tourne ici plein pot ... Bref ça se tire vers le bas.


Le runner 2.0 se divertit par et pour lui-même à travers ses pitreries immatures et une pseudo-inter-action avec ses semblables, autrement dit des avatars de lui-même. Le mythe de Narcisse est ringardisé ... avec dans le rôle du Styx, les autres ... ou l'enfer comme disait d'ailleurs l'autre, qui lui ne courait pas.


En se divertissant à partir de lui-même sans le conscientiser, le runner 2.0 se consomme et s'use. Il programme lui-même son obsolescence et se recycle dans une version chaque fois plus dégradée.


Le RUNNER est-il discount?




Le Joggeur Qui Râle








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