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Allô COACH # 20 x 200/30" pour ma reprise: L’avis du coach.

Dernière mise à jour : 28 août

Les réseaux sociaux, pour ne pas dire de plus en plus exclusivement @STRAVA, et les championnats d'Europe d'athlétisme retransmis sur les canaux poussent certains " athlètes" à en faire trop. Beaucoup trop.




Aujourd'hui, Célestin se demande si son 20 x 200m / récup 30" après seulement 3 footings "aux sensations" post-coupure estivale de 3 semaines est opportun.


Le coach lui répond sans langue de bois.



Le cas d'espèce:

Célestin a découvert la course à pied l'an dernier. Il s'est découvert, au grès des courses, de ses résultats et de ses chronos quelques prédispositions. L'enchainement chaotique des compétitions et le relatif désordre de ses entrainements font partie intégrante de la découverte du running hors structure.


Après une coupure estivale, Célestin envisage d'intégrer un club afin de progresser, en attendant il se laisse griser. Après quelques footings de "reprise", Célestin a rejoint un petit groupe préparant une échéance à court terme [championnat de France de semi-marathon le 18.09.2022 à Saint-Omer] afin de savoir ce qu'il vaut VRAIMENT.



La réponse du COACH:

Difficile d'en vouloir à Célestin ici. Le groupe qu'il a rejoint en revanche est condamnable. Ce groupe doit a priori connaitre au moins les rudiments de la programmation et savoir qu'une séance de ce type en début de saison (pour Célestin) n'offre aucune utilité physiologique. Au contraire. Ce qui profite aux uns nuit à l'autre pourrait-on résumer. Un athlète valent tout juste moins de 40 minutes sur 10km en reprise se confrontant à des confirmés titrant moins de 35' sur la même distance et en condition avancée risque la blessure et s'expose à l'anarchie dans sa gestion de sa saison.


D'ailleurs en parlant de saison, que prépare Célestin? La saison de Cross-Country? La saison hivernale en salle? La route? Tout cela à la fois? Célestin a-t-il conscience de l'exigence d'une saison athlétique? L'art de la planification lui est-il accessible? Ses teamates du jour sont-ils inconscients? Méritent-ils la radiation ? Autant de questions auxquelles nous tentons ici de répondre étant rappelé que la réponse se loge souvent avec évidence dans la question.



Faute d'encadrement cohérent, il y a fort à parier que Célestin accélère encore sur la bretelle de l'autoroute de l'échec.


La stagnation et la blessure après la progression fulgurante sont délétères pour l'athlète fragile mentalement. Se confronter à des athlètes permet l'émulation. Se confronter à des athlètes d'un tout autre calibre que soit et tenter de les suivre mène au burn-out et à la blessure. Bref, Célestin va se péter et feindra très certainement d'en ignorer la cause afin de mieux continuer dans cette mauvaise voix qui lui apporte le sentiment agréable d'en être.


Tout, tout de suite car " je le veux" et que la volonté du "je" est le symbole moderne du paradigme narcissique sauce Strava.



Strava: arme de destruction mentale et physique massive.


Refuser de commencer par le début, par les fondamentaux car on a la certitude de valoir mieux. Ce sentiment d'être exceptionnel, au fond, et qu'en faire trop, trop vite, permettra de révéler cette nature extra-ordinaire.


L'ignorance des fondamentaux de la physiologie et l'égo agité par les réseaux sociaux sont les fléaux modernes de l'athlétisme et de la course à pied. Une des raisons du nivellement vers le bas flagrant des performances (les quelques élites stars de la communication sur les réseaux sociaux ne sont que les chênes centenaires majestueux - ou pas d'ailleurs- d'une forêt en feu).



Notre conseil ultime:

Intégrer une structure est une excellente initiative pour construire une saison et une "carrière" d'athlète. Intégrer une structure/ groupe d'entraînement adapté.e à son niveau dans un premier temps. Nous l'évoquions plus haut, se confronter à des athlètes en décalage avec son niveau est nuisible. Construire un programme avec un coach impliqué et respecter une progressivité en rapport avec des objectifs et son niveau. Ces objectifs permettent d'ailleurs de valider la progression et de relever les exigences de l'entrainement. Un bon coach saura adapter les séances pour permettre d'évoluer en groupe sans faire passer les intérêts d'un athlète devant ceux d'un autre. Une grosse structure peut à la fois offrir un cadre salutaire comme totalement délétère en traitant en masse le "cheptel" des athlètes selon la fameuse théorie des œufs cassés*.


Autre piste, se cultiver a minima. La physiologie et quelques théories d'entraînement et programmation permettront à l'athlète d'éviter les erreurs (les fautes) grossières malgré les fourmis dans les jambes (lors de la coupure, des semaines de régénération et encore lors des séances afin de respecter les allures cibles, celles construites à partir de TON niveau).


Aller plus vite que la mesure n'améliore pas la douce mélodie de la progression. La cacophonie physiologique rôde autour des tours de piste trop rapides et ce qui te rassure l'esprit meurtrit toujours, in fine, le corps. Subtile équilibre.


L'athlète accompli court avec la tête. La tête c'est la caisse, la résistance à l'effort mais c'est aussi l'intelligence dans la gestion de la course. En amont, c'est l'intelligence dans la maîtrise du temps: l'allure lors de l'entrainement. La maîtrise du Temps long, la projection à semaines, à mois, la projection sur plusieurs saisons. L'appui d'un coach impliqué est alors indispensable.





Le Joggeur Qui Râle


* secouer fortement un panier d’œufs, seul le plus résistant demeure, tant pis pour les autres. Ce management existe dans certaines grosses structures disposant d'un grand nombre d'athlètes et permet de sortir quelques pointures au prix d'une casse contestable sur le terrain éthique.


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